Neuf mots. Neuf mots, on ne peut plus simple. En neuf mots, ce type vous fait imaginer le gouffre intérieur intersidéral dans lequel il se trouve. C’est lorsque vous perdez quelqu’un que vous aimez, qui est parti, qui n’est plus là, ou qui vous a trahi, que vous comprenez le sens profond de ces neuf petits mots de rien du tout. Vous êtes en voiture, le paysage défile, il est immense et vous vous dites que plus, vous l’avez en face de vous, plus la distance entre votre amour et vous est infinie. La nature en devient même hostile, et vous n’avez qu’une envie, aller vous terrez dans la plus petite pièce au monde pour ne plus rien voir. Vous ne voyez plus rien d’ailleurs. Les gens n’en sont plus, le monde devient comme un film irréel qui défile au ralenti. Plus vous êtes entourés de monde, de bruits, d’arbres, de routes, de lumières, de tout ce qui fait le quotidien, plus le vide est immense. Plus le « tout » de ce fameux poète vous encercle, vous inonde, et vous donne la sensation d’être arraché à l’autre comme s’il était mort. C’est le seul décor, vierge du moindre espace, qui vous donnent la sensation d’un vide abyssal. Neufs mots simples, qui, mis bout à bout, vous plonge dans un chaos et un séisme intérieur profonds. Ce “tout”, en réalité, c’est le “rien”

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