Pourquoi La Plume Qui Tombe ?
Parce que la plume tombe sur le papier pour y mettre sa poésie, ses maux, ses pensées, ses doutes et ses joies.
Parfois, la plume tombe du ciel, parce que d’un coup d’un seul, elle vient placarder une phrase dans votre tête, un mot, comme ça, comme un complot. Vous avez les yeux fermés quand elle tombe au hasard, comme ça, sans crier gare. On ne peut pas dire que vous la voyiez arriver de loin, elle vient juste vous en boucher un coin. Un coin de tête, un coin d’esprit, dans une moitié de sommeil où il fait encore nuit. Votre tête est en grève mais pas la plume qui écrit. Un coup à l’endroit, un coup à l’envers, elle tombe en piquant du vers.
Parfois, la plume tombe des mains qui la tiennent… Elle tombe de haut et parfois bien bas. On la porte son dos ou bien, elle nous prend dans ses bras. Parfois sérieuse, parfois poétique, elle est capricieuse, comme un souffle érotique.
Oui, La plume tombe ! Elle fait tomber les masques et les larmes coincées. Elle pousse le fantasque et l’inachevé, pour vous faire tomber et puis vous relever.
Elle aurait pu être la plume qui vole, qui écrit, qui pleure qui rit…. Mais elle tombe toujours… qu’elle vienne du ciel ou du bas de votre âme, elle se faufile au pied….. de tous les mélodrames. La plume n’est jamais aussi belle, que lorsqu’elle raconte des odeurs de poubelles, des morceaux de vie qui fendent et qui cassent. Elle oblige les maux à regarder leurs traces.

La plume vous gribouille. Vous ne lui demande rien, elle vient en guerrière et assiège vos mains. Comme ça, comme une automate, les mots glissent avec elle, et enfilent leur cravate. Sur le papier, si vous voyez une tâche d’encre, ce n’est pas que vous êtes un cancre, vous avez sûrement la plume triste une plume au nez rouge qui fait ses tours de piste.
La joie n’a pas besoin de rime. La plume crie, la plume trime… elle explore ses maux puis tombe sur le papier, tourne et se retourne en faisant des saltos ! Sans rature, sans virgule, elle effleure les pages, recule, et se balance dans une danse de rage.
La joie n’avoue jamais son crime, et, si elle le fait, ce ne sera pas intime
La plume vous tombe dessus comme on tombe amoureux, sans que vous ne sachiez pourquoi vous l’aimez et pourquoi elle vous aime. C’est pour cela que vous en faîtes tout un poème. Parfois elle si fine et bouleversante que vous ne l’avez pas reconnue, c’est à ce moment -là que vous tombez des nues.
Souvent, elle vous fait ses blagues, elle arrive à toute vitesse, un instant votre esprit divague, paf, elle tombe en panne. Mais quand elle a décidé de vous envahir, la farceuse squatte. Les ratures sont mortes, les mots et les vers tombent et retombent sur leurs pattes.
La plume c’est un peu votre salut. Quand elle va puiser dans vos larmes et vos cris, elle vous fait même tomber sur le cul. Et puis elle a de quoi faire avec la langue Française, il y a tellement de mots pour vous faire tomber de votre chaise.
Il n’y a pas trente-six voyages pour la plume, elle tombe à l’eau ou elle tombe à pic, elle est heureuse ou dramatique. Vous voyez, la plume ne s’envole pas, elle tombe sous votre nez, sous le sens, joue un peu sa diva. Elle se laisse aller sans que vous ne la laissiez jamais
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